Le Sénégal double la peine pour les relations homosexuelles, la portant à 10 ans de prison
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a promulgué une loi qui double la peine maximale pour les relations homosexuelles. Elles sont désormais passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison. L’Assemblée nationale a adopté le texte à une écrasante majorité le 11 mars 2026 (135 voix pour, zéro contre et trois abstentions).
La loi augmente la peine de prison pour les « actes contre nature » (le terme utilisé dans le droit sénégalais pour désigner les relations homosexuelles), passant d’un à cinq ans à cinq à dix ans. Les amendes ont également été relevées, passant de 100 000–1,5 million de francs CFA à 2–10 millions de francs CFA (environ 3 500 à 17 600 dollars américains). La peine maximale s’applique si un mineur était impliqué dans la relation.
Le texte criminalise également l’aide et le financement des relations homosexuelles, avec des peines de trois à sept ans de prison. Dans le même temps, la loi introduit des sanctions contre ceux qui accusent d’autres personnes, sans preuves, d’infractions liées à des relations homosexuelles.
Malgré le durcissement des peines, la nouvelle loi, présentée par le Premier ministre Ousmane Sonko, maintient le statut de « délit » pour les relations homosexuelles, sans les élever au rang de « crime » plus grave, comme Sonko l’avait promis avant sa nomination en 2024.
L’adoption de la loi s’est déroulée sur fond de vague de répression. Selon Le Monde , des dizaines d’hommes ont été arrêtés au Sénégal depuis février 2026. Les arrestations ont commencé avec le placement en détention de 12 personnes, dont deux célébrités locales. La police fonde souvent ses arrestations sur des dénonciations et des fouilles de téléphones, et les noms des personnes détenues sont rendus publics.
Les organisations internationales de défense des droits humains ont critiqué la nouvelle loi. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré que le texte était « profondément préoccupant » et « allait à l’encontre des droits humains sacrosaints ». L’ONUSIDA a souligné que la criminalisation entrave l’accès aux soins, par exemple aux services liés au VIH. L’organisation LGBT ILGA World avait exhorté le président à ne pas signer la loi, appelant au « respect de la liberté personnelle ».
Le Sénégal est un pays à majorité musulmane où la défense des droits LGBT est souvent perçue par les groupes conservateurs et religieux comme l’imposition de valeurs occidentales. Les relations homosexuelles sont criminalisées dans au moins 32 des 54 pays africains.