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Des ONG dénoncent des centaines d'arrestations au Sénégal lors d'une vaste vague répressive anti-LGBT

Le siège de l'Assemblée nationale du Sénégal à Dakar, qui a voté le doublement des peines pour relations homosexuelles. Photo : HaguardDuNord / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
Le siège de l'Assemblée nationale du Sénégal à Dakar, qui a voté le doublement des peines pour relations homosexuelles. Photo : HaguardDuNord / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

En octobre 2026, l’organisation internationale Human Rights Watch a publié un rapport circonstancié révélant que les forces de l’ordre du Sénégal ont interpellé des centaines de personnes soupçonnées d’homosexualité depuis le début de l’année, dans le sillage d’un durcissement législatif sans précédent.

Selon le rapport de Human Rights Watch, fondé sur des entretiens avec des avocats, soignants et défenseurs des droits locaux et repris par le média américain LGBTQ Nation, l’organisation sénégalaise RADDHO a recensé au moins 212 interpellations pour « actes contre nature » entre février et juillet 2026, tandis que le réseau international HIV Justice Network fait état de plus de 300 personnes détenues. L’enquête démontre que la gendarmerie et la police imposent aux personnes gardées à vue des dépistages forcés du VIH sans consentement éclairé, utilisant la séropositivité pour alourdir les poursuites, tandis que les avocats hésitent massivement à défendre les prévenus par crainte d’être poursuivis pour « promotion » de l’homosexualité.

Cette flambée répressive fait suite à l’adoption à l’unanimité par le Parlement sénégalais, en mars 2026, d’amendements à l’article 319 du Code pénal. Le texte a doublé la peine maximale d’emprisonnement pour relations homosexuelles consenties, la portant de cinq à dix ans de prison, a rehaussé les amendes jusqu’à 10 millions de francs CFA et a pénalisé le financement ou la promotion des revendications LGBT de peines pouvant aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement. Larissa Kojoué, chercheuse à Human Rights Watch, a souligné que cette répression viole la Constitution du Sénégal, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que la Charte olympique, alors que Dakar s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse à l’automne 2026. À l’inverse, les autorités sénégalaises, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye et la primature d’Ousmane Sonko, ont défendu ces mesures au nom de la souveraineté nationale et des valeurs culturelles et religieuses de la société sénégalaise.

Les professionnels de santé à Dakar alertent sur les conséquences sanitaires de cette politique sécuritaire. En raison de la divulgation d’informations médicales confidentielles dans les médias et de la peur constante des arrestations, environ un tiers des patients vivant avec le VIH a cessé de se rendre dans les centres de soins pour suivre leurs traitements antirétroviraux.

Précédemment, « Uránia » avait documenté l’adoption de la loi portant à dix ans de prison les peines pour actes homosexuels au Sénégal, ainsi que la décision judiciaire de renvoyer 71 prévenus devant un tribunal pénal après des rafles policières de grande ampleur.

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