Au Brésil, un groupe féministe présente 150 candidats comme favorables à des restrictions touchant les personnes trans
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Le média brésilien Agência Diadorim a rapporté le 29 septembre que l’organisation féministe Matria avait inscrit 150 candidats de 20 partis parmi les signataires de son engagement en faveur de droits fondés sur le sexe, à l’approche des élections au Brésil. Le document prévoit des restrictions touchant les personnes transgenres ; dix candidats ont ensuite demandé le retrait de leur nom.
Matria — Mulheres Associadas, Mães e Trabalhadoras do Brasil (Femmes associées, mères et travailleuses du Brésil) — soumet huit engagements aux candidats. Ceux-ci comprennent le maintien, sur le fondement du sexe, des espaces, services et politiques publiques destinés aux femmes, des catégories sportives et de la collecte de données, ainsi qu’une approche particulière des enfants et adolescents éprouvant une souffrance liée à leur corps ou à leur identité. La charte invoque aussi la liberté académique et d’expression et la légitimité de points de vue différents dans les débats sur le sexe et le genre. Diadorim estime que cinq des huit engagements visent à limiter la présence des personnes trans dans certains domaines.
Au 26 septembre, Diadorim comptait 59 signataires du Parti de la cause ouvrière (PCO), 22 de Novo, 13 de Missão, et huit chacun du Parti des travailleurs (PT) et du Parti libéral (PL). La liste couvre donc la gauche comme la droite. Le premier tour aura lieu le 4 octobre, conformément au calendrier officiel du Tribunal supérieur électoral brésilien .
Matria se dit indépendante et non partisane et affirme choisir les candidats à contacter sur recommandation de ses sympathisantes. Ses membres approchent les campagnes sur les réseaux sociaux et par l’intermédiaire des équipes électorales. L’organisation présente son objectif comme la protection des droits, de la sécurité et de la dignité des femmes et des enfants sur la base du sexe. Elle a auparavant rejeté l’expression « lobby anti-trans », la qualifiant de fausse et diffamatoire.
Matria a néanmoins conservé dans sa liste dix candidats ayant retiré leur signature, en supprimant seulement leur numéro électoral et leurs liens. Elle soutient que la signature initiale prouve leur accord avec la charte et que les retraits ont suivi des pressions politiques. Esther Moraes (Parti vert), candidate au parlement de l’État de São Paulo, a déclaré à Diadorim avoir signé sans analyse technique complète et que certaines dispositions divergeaient de son programme. Ana Julia (PT), candidate à la Chambre des députés dans le Paraná, a parlé d’une erreur de son équipe, tandis que Prof Jocelino Júnior (PT), candidat au parlement de l’Espírito Santo, a affirmé ne pas avoir autorisé la signature.
Sur la page consacrée à la charte de Matria , l’organisation publie les noms, photographies, partis et numéros électoraux des candidats qu’elle présente comme soutiens du document. La présence d’un nom ne prouve pas l’adhésion à chaque point : les déclarations de retrait montrent que certaines inscriptions sont contestées.
« Urania » avait déjà rapporté que le nombre de propositions restreignant les droits LGBT avait augmenté au cours de l’actuelle législature du Congrès national brésilien, notamment sur l’école, le prénom choisi, les soins destinés aux personnes trans et le sport féminin.


