Le président indonésien qualifie la culture LGBT de « menace nationale », provoquant une hausse des violences
Le président indonésien Prabowo Subianto a publié un règlement présidentiel de 70 pages sur la politique de défense nationale, classant la « promotion de la culture LGBT » comme une menace non militaire pour la souveraineté de l’État et la sécurité publique. Cette liste inclut également le terrorisme, le trafic de drogue et les jeux d’argent en ligne. Le document oblige les ministères et les administrations régionales à prendre des mesures pour contrer ces menaces.
Selon PinkNews , ces nouvelles règles ont créé une base légale pour une discrimination accrue au niveau local. L’Institut d’aide juridique pour le peuple (Legal Aid Institute for the People) a déclaré que ce règlement fournit aux autorités régionales un motif légitime pour pénaliser les personnes LGBT simplement en raison de leur identité.
Human Rights Watch (HRW) signale une recrudescence du harcèlement et des agressions à l’encontre des étudiants queers dans les universités indonésiennes. Au moins 10 universités publiques ont récemment adopté des règlements discriminatoires limitant les discussions sur la diversité sexuelle et de genre.
Par ailleurs, le groupe de défense Pelangi Nusantara a documenté une série d’attaques contre des femmes transgenres dans la ville de Bogor, sur l’île de Java. Selon les rapports, au moins 15 personnes ont été ciblées : les agresseurs les ont battues, aspergées d’urine et déshabillées.
Dans ce contexte, le Conseil des oulémas d’Indonésie, un organisme conservateur, a réclamé que les « déviations sexuelles » soient passibles de peines pénales plus sévères que celles prévues pour l’adultère.
Au niveau fédéral, les relations homosexuelles ne sont pas criminalisées en Indonésie. Elles sont cependant interdites par la charia dans la province d’Aceh, où les contrevenants risquent jusqu’à un an et demi de prison. La discrimination indirecte à l’encontre des personnes LGBT reste inscrite dans plusieurs lois nationales, notamment la loi sur la pornographie, la loi sur le mariage et le code pénal.